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POST TENEBRAS LUX


De la déliquescence morale de la France

Publié par Karim R'Bati sur 6 Février 2015, 23:26pm

Catégories : #LIBRE OPINION

De la déliquescence morale de la France

Quelle que soit sa nature ou son intensité, qu’elle s’appelle « génocide des Amérindiens », « crimes coloniaux », « traite négrière », « Shoah », « holocauste palestinien » … etc.,  l’horreur est la même partout ; elle n’a qu’un seul visage, le sien, en tout temps et en toute circonstance. Bref, il n’y a pas de hiérarchie dans l’horreur. Admettre l’évidence de ce postulat est la seule attitude morale qui vaille dans le monde multipolaire qui est le nôtre ; la seule réponse légitime contre cette espèce de « violence symbolique » qui nous induit, de manière plus ou moins subtile, à intérioriser les hiérarchies préétablies des autres. Au demeurant, l’histoire, censée ne rien oublier du passé, n’appartient en principe à aucun peuple. Ce n’est que lorsque telle ou telle  caste, tribu ou entité s’en approprient à des fins de justification de leur roman national, ce n’est que lorsque les vainqueurs du moment la réécrivent à leur avantage, sur les ruines fumantes des vaincus,  que l’histoire s’en trouve  avilie, abâtardie, trahie.

Ainsi, si de nos jours une certaine hiérarchie des horreurs a été inoculée dans l’esprit de beaucoup de monde, si une telle hiérarchie prétend se présenter sous les oripeaux des dogmes désuets des temps anciens, elle le doit essentiellement à l’idéologie dominante, en particulier au poids d’une certaine doxa imposée par les élites sionistes et, plus généralement, par leurs « thought police ». Elle le doit également à l’inépuisable et non moins cynique capitalisation que ces dernières en tirent, au détriment d’épouvantables injustices, sur le dos de tant d’autres peuples et, notamment, le peuple palestinien, lequel représente, de nos jours, l’emblème de l’opprimé et de la victime de l’horreur criminelle au même titre que les Juifs sous le troisième Reich ou, encore, les populations dites indigènes du temps des colonies.

Dans tous les cas de figures, l’horreur ne peut pas être quantifiable, elle est ou n’est pas et quand elle advient, elle ne peut être qu’absolue (un pléonasme, en somme !) Aussi, comparer les  six million de victimes humaines de la Shoah aux dizaines de millions de déportés de la traite négrière ou aux millions de victimes de la colonisation, n'a, du point de vue moral, aucun sens. Pourtant, ce qui saute aux yeux, à l’occasion des récentes commémorations du septantième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, ce qui choque le Citoyen du monde épris de justice et convaincu de son égale humanité, c'est plutôt la déliquescence morale de la patrie autoproclamée des droits de l’homme, c’est le déni de la France quant à sa part d'hombre, sa fuite en avant au regard de son lourd passif historique, jalonné de pillages éhontés, de massacres de peuples innocents et autres crimes coloniaux. Et c’est, enfin, l’indigne obséquiosité de son président, toujours aussi prompt à ramper devant quelque pensée unique du genre « la Shoah, disait-il, est le plus grand crime, le plus grand génocide, jamais commis » !

Quelle insulte à la mémoire historique des peuples amérindiens ! Quel affront pour les descendants des victimes de la traite négrière ! Quel mépris pour les martyrs des anciennes colonies françaises !

Karim R’Bati

 

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