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Le blog Citoyen

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POST TENEBRAS LUX


Sale temps pour les mercenaires de la plume ?

Publié par Karim R'Bati sur 28 Août 2015, 14:08pm

Catégories : #CHRONIQUES

Catherine Graciet et Eric Laurent

Catherine Graciet et Eric Laurent

Monnayer sa plume, prostituer son talent au plus offrant, la pratique n'est assurément pas nouvelle. Beaucoup de journalistes aux âmes viles ne vivent que de ça : on peut citer, à titre d'exemples, les mercenaires de l'hébdomadaire "Jeune Afrique", qui tressent des lauriers aux dictateurs africains moyennant rémunération, quant-ils n’œuvrent pas pour la propagande des voyous coloniaux de la Françafrique. De cette espèce de prostitués de la plume, on en trouve énormément dans certains médias français qui insultent le bon sens moral, taisent les crimes contre l’humanité d’Israël et se font portes-voix de la propagande sioniste. D’autres, encore, apprécient particulièrement le charme désuet de la ville ocre (Marrakech), ses Tagines succulents, ses pâtisseries au parfum de fleurs d’oranger et … sa Mamounia.

Au Maroc, il en existe aussi énormément. Ils officient dans des médias que tout le monde connaît et passent leur temps à salir les Citoyens intègres, à dénigrer les militants des droits humains et, plus généralement, à calomnier les opposants au régime. Quand tout se passe comme prévu, quand tout le monde y trouve son compte, l’état ou le Corrupteur d’une part et le journaliste corrompu d’autre part ; quand chacune des deux parties respecte scrupuleusement les règles non écrites du contrat tacite, on n’entend rien, on ne lit sur ces mercenaires, sauf bien entendu, l’inflexion plus que suspecte de leur plume, qui devient, du jour au lendemain, plus accommodante et plus sucrée avec les uns, plus perfide avec les autres.

C’est probablement ce récit, ou du moins son début, que les deux journalistes français, Catherine Graciet et Eric Laurent, auraient vécu sur fond de leur projet de livre à charge contre le régime marocain, avant d’être interpellés par la police judiciaire de Paris en flagrant délit de tentative de chantage d’un chef d’état étranger. D’après la version des médias, l’un des deux co-auteurs, Eric Laurent, aurait ainsi proposé à la partie marocaine de renoncer à la publication de son livre contre le versement de 3 million d’Euros ; mais il convient de préciser qu’à ce jour, on ne connaît pas l’autre version, celle des premiers concernés ou de leurs avocats. Aussi, sous réserve que les charges qui pèsent sur eux soient corroborés par la justice française, ce qu'on peut avancer, c’est qu’ils auraient agis avec une sidérante désinvolture, une surprenante naïveté, quand on sait pertinemment à qui ils avaient affaire. Selon cette même lecture, il est aussi probable qu’ils auraient fait un calcul pragmatique, un choix de perdants entre, d’une part, une publication dont ils seraient persuadés qu'elle n'allait pas avoir le succès escompté (ou pas autant que leur livre précédent, Le Roi prédateur) et, d’autre part, la substantielle  rançon qu’aurait réclamé Eric Laurent aux émissaires du palais royal de Rabat !

Ce n'est, pourtant, qu'une hypothèse spéculative. Seule certitude, dans cette affaire abracadabrantesque, c’est que le sujet du livre (sauf révélations fracassantes) n’est plus vendeur de nos jours ; ce n’est, tout au plus, qu’une petite niche éditoriale vous dirait un éditeur parisien. Ce qui est encore plus certain,c’est que ce genre d’écrits lorsqu’il est dépourvu de toute perspective politique, de toute profondeur analytique, lorsqu'il n'est animé d'aucun esprit éthique et, à plus forte raison, lorsqu’il est formé d’un alignement plus ou moins structuré de détails anecdotiques et de révélations croustillantes, fuitées à dessein par quelque partie intéressée, ce genre d’écrit ainsi conçu ne peut guère présenter que très peu d’intérêt pour les lecteurs et finit vite par tomber dans l’oubli.

Karim R'Bati

 

Précision: Ce billet se veut une réflexion personnelle. Il n'a aucune prétention à la vérité et, encore moins, à défendre une partie ou une autre. Aussi, par souci de déontologie, l'auteur a jugé nécessaire de mentionner deux versions concordantes des faits, respectivement données par Catherine Graciet au quotidien «Le Parisien» et Eric Laurent au quotidien «Le monde». K.R’

Version d’Eric Laurent : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/08/30/eric-laurent-et-le-roi-du-maroc-c-est-une-tentation-pas-un-chantage_4740788_3212.html?utm_medium=Social&utm_sourc

Version de Catherine Graciet : http://www.leparisien.fr/faits-divers/catherine-graciet-je-suis-tombee-dans-un-piege-31-08-2015-5048739.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.com

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