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Le blog Citoyen

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POST TENEBRAS LUX


Femme marocaine et (sous) développement

Publié par Karim R'Bati sur 29 Octobre 2012, 19:28pm

Catégories : #CHRONIQUES

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Les classements mondiaux, où le Maroc végète parmi les pays les plus arriérés de la planète, tombent les uns après les autres, celui concernant l’égalité Hommes / Femmes, où notre «Royaume enchanté» occupe le 129è rang sur 135 pays, a le mérite de dresser une radioscopie sans concession de tout un pays, au travers du sort réservé à ses femmes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fait très mal au cœur d’assister à un tel gâchis.

Contrairement à certaines figures minoritaires de modernité, le genre féminin sous nos latitudes est «l’objet» d’une double peine : de sa condition de femme, d’abord, et de Marocaine, ensuite. Autrement dit, la femme marocaine est non seulement victime du machisme ambiant et de sa mentalité rétrograde à base de morale hypocrite, elle l’est autant, sinon plus encore, de certaines lois infâmes, produit du pathétique effort d’un Législateur farouchement phallocrate ; notamment les lois 475, 490 et autres chefs d’œuvre de violences faites aux femmes, tirés du code pénal marocain. Sans aller jusqu’à énumérer les innombrables conséquences de ces injustices, une seule, pourtant, pourrait les résumer toutes : précisément celle susceptible d’expliquer aussi le retard du Maroc en différents domaines cruciaux pour l’émancipation des Marocaines et des Marocains et, donc, pour le développement global et harmonieux de la société marocaine.

En résumé, si le Maroc traîne parmi les nations les moins avancées du globe, cela peut s’expliquer par la structure inefficace de son économie, par l’inadéquation entre richesses créées et évolution démographique, mais aussi par la mauvaise redistribution de ces richesses, au demeurant relativement limitées ; en d’autres termes, le retard du Maroc est la conséquence logique d’un mode de gouvernance politique inapte à répondre aux appariations des Marocains et aux défis de leur avenir. Par ailleurs, la nature autocratique de son régime, avec sa culture liberticide, clientéliste et corrompue, laisse très peu d'espace à l’expression des libertés fondamentales et individuelles, à l’esprit d’initiative, au goût du risque et à l’aventure de la libre-pensée, brisant ainsi une bonne partie de l’énergie de toute une société.

Il va sans dire que chacun de ces facteurs est en-soi pertinent et offre une grille de lecture séduisante, pour expliquer le sous-développement plurisectoriel  du Maroc. Or, la vraie question qu’il convient de poser, à mon sens, est celle-ci : pris ensembles, en quoi réside la pertinence de ces différents facteurs ? Quel est, donc, leur dénominateur commun ? La réponse est toute simple : ce qui lie ces différentes grilles de lecture réside étonnamment dans … le sort réservé aux femmes, c’est-à-dire dans le mépris institutionnel qui leur est imposé, d’une part et d’autre part, dans la tyrannie phallocrate d’une plus ou moins grande partie de Marocains envers l’autre.

D’un point de vue strictement économique - et si on laisse de côté les autres dimensions - ce mépris et cette tyrannie se traduisent sur le terrain par un gaspillage aussi stupide que scandaleux en termes de «ressources humaines». En définitive, le mépris envers les femmes sous nos latitudes prive le pays d’une belle ressource renouvelable de pure énergie humaine ; une ressource pour ainsi dire illimitée et d’autant plus cruciale pour l’évolution des nations et pour l’émancipation de leurs peuples qu’elle mérite bien tout le respect qui lui est dû dans les sociétés démocratiques et prospères - où il paraîtrait aberrant de sacrifier une grande partie de leurs forces vives au nom de considérations rétrogrades.

Karim R’Bati : Berne, le 29 octobre 2012

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ahdat maghribia 27/11/2012 17:03

La femme marocain a encore souffrir sans droits !!!!!

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