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Le blog Citoyen

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POST TENEBRAS LUX


«L’artiste se bat ou capitule» : pour Mou'ad l'Haqed et Younès Belkhdim (artistes engagés et prisonniers d'opinion)

Publié par Karim R'Bati sur 1 Novembre 2012, 17:43pm

Catégories : #POLITIQUE

 

mouad-arte-copie-1.jpg

Mou'ad l'Haqed, rappeur et miltant actif dans le mouvement du 20 février 

 

Quel rapport y a-t-il entre le rappeur américain Eminem et le rappeur marocain Mou‘ad ? Mise à part leur frappante ressemblance physique, tout les sépare : entre autres, la conscience politique de Mou‘ad, son engagement d’enfant du peuple pour le peuple et la portée corrosive de ses textes. Autre différence, au pays de l’oncle Sam comme dans les autres démocraties occidentales, défendre les démunis, dénoncer la corruption, les injustices ou critiquer le régime, ce n’est vraiment pas le rôle des rappeurs, encore moins celui des vedettes du RnB, c’est la mission des intellectuelles engagés (journalistes, écrivains, artistes etc.)

 

Au Maroc, c’est le monde à l’envers : c’est que nos intellectuels sont dans leur majorité écrasante des lâches - et le mot est presque un euphémisme. De fait, nous avons affaire à des cabotins intérimaires, à de piètres artistes ou à de médiocres auteurs à l’élan créateur (auto-) réprimé, des assistés ou des rentiers au sein de quelques institutions culturelles relevant de l’autorité de l’état ou qui lui sont soumises, par toutes sortes de mécanismes d’influence ou de pression. Aussi, dans la situation avilissante qui est la leur, comment voulez-vous qu’ils soient dignes de porter la voix du peuple ou qu’ils dénoncent les dérives scandaleuses de la dictature makhzanienne ? 

 

Seules quelques têtes brûlées comme le rappeur Mou‘ad ou comme le poète Younès Belkhdim peuvent avoir ce courage héroïque, seule cette noble «race» d’artistes engagés est en mesure de porter honorablement la voix du peuple et d’en payer le lourd tribut. Ce faisant, elle s’en trouve occuper un terrain déserté par toute cette indigne élite intellectuelle. «L’artiste se bat ou capitule», disait Albert Camus et on ne peut vraiment pas prétendre que cette élite corresponde à la catégorie de ceux qui se sacrifient pour les leurs, en mettant les moyens de leurs expressions au service de cette noble cause. Le silence est leur ultime refuge - à moins qu'ils ne soient motivés par quelque imposture qui ne fait que les enfoncer davantage dans l'infamie.

 

Karim R'Bati, le 1er novembre 2012

 

 

younes-benkhdim.jpg 

Younes Belkhdim, poète et militant actif dans le mouvement du 20 février

 

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