Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le blog Citoyen

Le blog Citoyen

POST TENEBRAS LUX


La Rafle selon Roselyne Bosch : du dogme mémoriel à l’imposture cinématographique

Publié par Karim R'Bati sur 13 Octobre 2012, 23:01pm

Catégories : #CULTURE

251844 434146776606083 767270807 n

 

Sorti en 2010, La Rafle est une fiction cinématographique largement inspirée de la tragédie du Vél' d'Hiv'. En ce jour du 16 juillet 1942, la police vichyssoise avait arrêté pas moins de treize mille français de confession juive, dont quatre mille cinquante et un enfants. Voilà pour l'événement historique, du moins tel qu'il est consigné dans les manuels scolaires et dans l'histoire officielle ; on comprend dès lors toute la difficulté de porter un jugement critique, voire esthétique, sur un film à base d’un argument fictionnel aussi marquant que la déportation des juifs durant la seconde guerre mondiale.

En témoigne, une des déclarations de la réalisatrice de ce film, Roselyne Bosch, qui confiait alors à un Magazine [éprouver de la méfiance à l’encontre de la personne qui n’aurait pas été émue par son film car], explique-elle, «il lui manque un gêne : celui de la compassion (...) C’est du reste ce que pensait Hitler : que les émotions sont de la sensiblerie. Il est intéressant de voir que ces pisses-froid (sic) rejoignent Hitler en esprit, non? En tout cas, s’il y a une guerre, je n’aimerais pas être dans la même tranchée que ceux qui trouvent qu’il y a trop d’émotion dans La Rafle» !

Bel exemple d’intimidation de la liberté d’apprécier ou de ne pas apprécier des œuvres. Mais surtout, l'exemple même de la terreur d'une certaine pensée autorisée où une artiste sort de son rôle de simple réalisatrice d'une oeuvre de fiction pour s’ériger en porte-parole d'un dogme historique, prétendant assimiler les cinéphiles qui n'auraient pas apprécié son navet à la guimauve à des monstres d'antisémitisme ! Jamais spectateur n’aura été confronté à une telle charge qui plus est, comble de l’insulte qu'un cinéaste puisse adresser à son public. Ainsi le spectateur intimidé est-il sommé de verser quelques larmes - fussent-elles de crocodiles. pire encore, sous couvert d’expression artistique, on est dans le pire délire de cette pensée unique, consistant à confondre dogme mémoriel et liberté d’apprécier ou de ne pas apprécier un film.

Roselyne Bosch, du haut de son piédestal d'Inquisitrice, avait même poussé l’entêtement jusqu’à intenter un procès contre la plate-forme «Over blog» qui avait hébergé la critique acerbe d’un cinéphile (voir lien en annexe), lequel n'avait pourtant fait qu’exprimer sa liberté de ne pas adhérer au propos trop larmoyant de son film. Sa réalisatrice - ayant ainsi raté son entrée dans le petit monde de l’industrie française du film - aurait peut-être été mieux inspirée d’avoir un peu de compassion pour le peuple palestinien et en particulier pour les enfants palestiniens massacrés par l'armée d'occupation sioniste. S’il ne lui manque pas ce gêne compassionnel, gageons que cela lui donnerait certainement l’élan créateur nécessaire à la réalisation d’une belle œuvre cinématographique de portée universelle, et pourquoi pas sur la tragédie de la Nakba. C'est un défi que je lui lance, au cas où son gêne compassionnel aurait une portée un tant soi peu plus large !

Karim R'Bati : Berne, le 19 juin 2012

Annexe : http://www.atlantico.fr/decryptage/overblog-rafle-bonne-nouvelle-pour-droit-critique-web-tgi-paris-roselyne-bosch-antoine-cheron-391735.html

Commenter cet article

amale samie 16/10/2012 14:03

ça fait longtemps qu'on pisse à la raie des terroristes intellectuels. anti-sionistes on est et on restera.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents